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Test Pokémon Épée / Bouclier : un coup d’épée dans l’eau ?

Le Test

Les fans auront donc attendu trois ans avant de mettre la main sur un vrai nouveau Pokémon. En effet, après Soleil/Lune en 2016 – et sa déclinaison Ultra sortie l’année suivante – ils ont eu droit à Pokémon Let’s Go Pikachu/Évoli qui n’était qu’un remake de Pokémon Rouge et Bleu avec des mécaniques de Pokémon Go. Pour Pokémon Épée/Bouclier pensé spécialement pour la Nintendo Switch, les attentes sont donc naturellement élevées, surtout avec la promesse d’exploiter pleinement les fonctionnalités de la console hybride. Malheureusement, si le jeu s’avère plus que correct, l’ensemble a été clairement survendu. On vous explique pourquoi.

Pokémon ÉpéeComme souvent, Pokémon Épée/Bouclier propose d’incarner un jeune dresseur qui va suivre le parcours habituel,  c’est-à-dire dompter son premier monstre de poche avant de viser les sommets de la Ligue. Entre les deux, tout un tas de découvertes lui permettront de se forger une expérience solide. Bref, si vous êtes déjà familier avec la série, vous ne serez pas dépaysés le moins du monde, puisque les principales mécaniques ne changent pas d’un iota. L’essentiel repose toujours sur le fait de devoir se constituer une équipe de Pokémon homogène, et de la transformer en un véritable rouleau compresseur afin de mettre à l’amende tous les autres dresseurs du coin ; tout ça pour, au final, atteindre le statut de Maître Pokémon. L’aspect collectionnite demeure présent, avec notamment un tout nouveau Pokédex que l’on complète en capturant chaque bestiole croisée dans l’univers ; et comme le jeu permet d’explorer une région inédite nommée Galar, on va avoir droit à des nouvelles créatures ainsi qu’à de nombreuses bestioles recyclées et reskinées dans une version locale. Par ailleurs, on remarque assez vite que Galar s’inpire grandement du Royaume-Uni,  qu’il s’agisse de ses contours géographiques, de ses environnements, ou encore de son architecture.

Nettement moins révolutionnaire qu’espéré, Pokémon Épée/Bouclier reste toutefois un épisode sympathique avec une nouvelle région proposant une myriade d’environnements assez séduisants.

Pokémon ÉpéeOn profite donc d’un ensemble assez sympathique avec des villages ruraux, des villes proposant un subtil mélange de victorien et de steampunk, et des quartiers ouvriers où des maisons identiques sont collées les unes aux autres. D’ailleurs, même les noms des lieux ont une forte consonance anglaise avec Paddoxton, Brasswick, Skifford, Kickenham et la capitale Winscor. Il existe des différences très marquées entre chaque district : la direction artistique ne rechigne pas à se renouveler au cours du temps, ce qui transforme l’arrivée dans chaque nouvelle zone en une vraie découverte. Ainsi, Winscor est ainsi une mégalopole moderne, tandis que Ludester est une cité ancienne recouverte de neige. Pour Corrifey, les développeurs proposent une ambiance magique et féérique avec de nombreuses couleurs et des plantes verdoyantes, le tout baigné dans une nuit perpétuelle mâtinée de nombreuses lumières diffuses. Tout ça reste pourtant bien old school, puisque l’on se rend très vite compte que nos pérégrinations se limitent à parcourir des couloirs plutôt étroits et à arpenter les traditionnelles routes qui relient les villes entre elles.

 

KEEP CALM AND CATCH’EM ALL

 

Pokémon ÉpéePokémon Épée/Bouclier opte pour une approche largement simplifiée qui ne devrait pas forcément séduire les amateurs d’exploration. C’en est désormais fini des grottes et autres labyrinthes qu’il fallait scruter pour ne rien rater. Désormais, les routes proposent un minimum d’embranchements, avec leur lot d’herbes hautes et de dresseurs à affronter pour poursuivre l’aventure et aller défier chaque champion. Les seules variations consistent en de petits chemins faciles à repérer qui permettent d’aller récupérer divers items afin de garnir notre sac à dos. Bien que l’aventure soit toujours aussi classique, on s’y plaît plutôt bien, et on regrette que Game Freak ait choisi de nous coller un rival aussi nul, et aussi amical. Là ou Régis se posait dans une opposition claire et compétitrice, Nabil se contente de suivre le mouvement en s’extasiant sur nos moindres faits et gestes, et en faisant preuve d’un esprit assez peu combatif. Après quelques heures de jeu, on ne le supporte plus tellement il incarne un rôle de gentil boulet écœurant. C’est simple, plus le temps passe, et plus on prend un plaisir sadique à le ruiner, combat après combat, sans qu’il ne puisse nous coller une seule baffe.

Pokémon ÉpéeOui, encore plus qu’avant, Pokémon est un jeu très facile où le challenge n’a pas vraiment droit de cité. On n’a perdu aucun combat en mode “Histoire”, tandis que le nombre de Pokémon mis KO reste contenu à un chiffre. Pour éviter de se retrouver en galère entre deux Poké-Centers, il y a moyen de faire un peu de camping, ce qui permet de jouer avec son équipe pour gagner pas mal d’XP, mais aussi de mitonner de savoureux plats qui regonfleront PV et PP de nos compagnons gratuitement. Le seul moment proposant un peu de challenge est l’arrivée dans les Terres Sauvages. Sous ce nom se cache, en réalité, une vaste zone ouverte où l’on peut chasser librement et disposer de bien plus de liberté. C’est également là que l’on a la main sur la caméra et que l’on profite d’une étendue qui nous rappelle beaucoup la plaine d’Hyrule de The Legend of Zelda : Ocarina of Time. Les Terres Sauvages abritent de nombreux Pokémons de niveaux très variés, dont certains seront largement hors de portées lors du premier passage. Malheureusement, elles mettent également au supplice la Nintendo Switch ; la distance d’affichage y est médiocre. Qu’il s’agisse des monstres ou des dresseurs, ils se mettent alors à clipper atrocement, ce qui est assez gênant, surtout lorsqu’on se déplace vite à bicyclette.

D’ailleurs, les crédits de fin défilent une fois le titre suprême en poche, alors que l’histoire des Pokémon Légendaires n’en est qu’à la moitié. Le reste de l’aventure se déguste donc comme une sorte de bonus venu pimenter le end-game et rajoute quelques heures de fun.

Pokémon ÉpéeIl y a aussi des puits qui renferment des Pokémon Dynamax. Plus concrètement, ce sont des créatures ayant subi l’influence d’un fragement d’étoile, et dont la taille et la puissance ont été démultipliées. Ces affrontements sont assimilables à des raids, jouables à 4 joueurs en ligne ou en solo à l’aide de persos contrôlés par l’I.A. – dans ce cas, ils se cantonnent à un rôle de support. Si le nom Dynamax est en soit une nouveauté, dans les faits, il s’agit un peu d’un mélange entre les Méga-Évolutions et la Force Z que les joueurs ont pu voir dans les épisodes précédents. Quelques différences existent pourtant, puisque tous vos Pokémon auront la possibilité de se “dynamaxer”, mais uniquement pendant trois tours et dans certains endroits bien précis comme les raids et les arènes officielles. Si ce système est plutôt intéressant lorsque l’on joue contre un joueur en défi, il perd tout son intérêt lors d’un match face à l’I.A., cette dernière l’utilisant systématiquement sur le dernier Pokémon de son équipe. Forcément, on sait donc quand avoir à recours ce joker, et sur quel Pokémon l’utiliser. Le choix de la bestiole reste déterminant, car le Dynamax change la liste d’attaques de notre combattant en proposant une attaque par type de Pokémon. Le système s’avère particulièrement efficace sur les monstres capables d’empiler les différents types, comme par exemple Leviator qui peut combiner vol, eau, glace et ténèbres.

 

Le phénomène du Gigamax sera aussi au cœur de l’intrigue de ce nouveau volet de la série, avec un scénario plutôt bien écrit mais qui reste désespérément sous-utilisé.  En fait, le joueur se contente de suivre les objectifs et de se faire servir l’histoire, sans vraiment avoir l’impression d’y prendre part.

 

Pokémon ÉpéeMieux, certains Pokémon peuvent même se “gigamaxer”, une sorte de forme encore plus puissante mais cette fois réservée à certains Pokémon. Une fois “gigamaxé”, notre créature voit ses attaques se modifier encore une fois. Le phénomène du Gigamax sera aussi au cœur de l’intrigue de ce nouveau volet de la série, avec un scénario plutôt bien écrit mais qui reste désespérément sous-utilisé.  En fait, le joueur se contente de suivre les objectifs et de se faire servir l’histoire, sans vraiment avoir l’impression d’y prendre part. C’est dommage, surtout que l’ensemble reste particulièrement hétérogène avec la quête de badges champions et du titre de maître, au point que l’on a réellement l’impression que deux équipes de développeurs ont réalisé chaque pan du jeu sans vraiment se concerter. D’ailleurs, les crédits de fin défilent une fois le titre suprême en poche, alors que l’histoire des Pokémon Légendaires n’en est qu’à la moitié. Le reste de l’aventure se déguste donc comme une sorte de bonus venu pimenter le end-game et rajoute quelques heures de fun, permettant au passage de mettre la main sur le Pokémon Légendaire correspondant à votre version du jeu.

LE CLIPPING, QUELLE GALAR

Pokémon ÉpéeHeureusement, les fonctionnalités online sont disponibles pour prolonger l’expérience si vous n’êtes pas trop motivé par l’idée de compléter votre Pokédex, à condition d’être abonné au Nintendo Switch Online bien sûr. Avec sa difficulté assez faible, Pokémon Épée/Bouclierse boucle en une trentaine d’heures en prenant son temps, et un peu plus pour les novices. Pas de stress si le jeu est votre porte d’entrée dans l’univers Pokémon, puisque de très nombreuses aides sont disponibles, y compris une note d’efficacité attribuée à chaque attaque de chaque monstre de votre équipe en fonction de votre opposant. En résumé, même si vous êtes complètement perdu entre les différents types, le jeu vous tendra toujours la main. Jamais on ne fait face au moindre challenge, ce qui finit par lasser à la longue. L’histoire se répète aussi au niveau des ressources pécuniaires, puisque si les anciens opus forçaient à faire attention à notre compte en banque, le dernier jeu de Game Freak nous rend plus riches que Donald Trump dès la moitié du jeu, les dresseurs lâchant une prime astronomique à chacune de nos victoires.


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